Les enjeux du Datacenter : interview

Schneider Electric est une entreprise spécialisée dans l’énergie et les automatismes industriels, elle fait le lien entre la consommation énergétique et le client. Leur vocation : amener cette énergie de la manière la plus fiable possible. Le Datacenter (ou centre de données) tend pendant ces dix prochaines années à continuer de croitre et à répondre de plus en plus, aux besoins des entreprises dans leur transition numérique. Rencontre avec Damien Giroud, Directeur des solutions Datacenter chez Schneider Electric.

Datacenter

L’Entreprise Connectée : Les dirigeants d’entreprises voient-ils la transition numérique comme une problématique ou une opportunité ?

Damien Giroud : Les deux : en France, 75% de l’économie est drivée par les TPE-PME. Pour ces entreprises la transformation numérique est parfois subie. Si elles ne la font pas, leur société ne va pas survire à cette digitalisation de l’économie. De fait, notre rôle se doit d’être assez pédagogique et nous devons expliquer ce qu’il se passe de manière très concrète. C’est leur expliquer par les usages de tous les jours comment elles se digitalisent déjà : connexion GPS dans leur voiture, regarder un match de football sur leur smartphone etc. Il faut ensuite les intégrer dans une économie numérique régionale qui va les aider à se développer. Ces entreprises vont par exemple aller dans cloud parce que là, il y a un accompagnement, une éducation.

 

EC : Quelles solutions leurs donnez-vous ?

DG : La première chose à se demander, c’est quelle est l’approche des entreprises par rapport au Datacenter ? C’est une notion abstraite pour le consommateur lambda, alors que derrière il y a toute une transformation. Les entreprises n’ont pas toujours conscience que les données sont très croissantes. Le Datacenter et les usines de données permettent de poser l’usage de l’économie digitale de demain. Il faut que la donnée soit gérée et stockée.

Une partie de nos offres sont résidentielles : nous cherchons à optimiser la facture énergétique et à traiter les usines connectées 2.0. Nous sommes fournisseur en solutions sur les transformations de l’énergie, le « Smart Grid », l’énergie renouvelable, les recharges électriques.

EC : Que vous demande-t-on le plus souvent ?

DG : Les besoins des clients sont divers. Il faut avoir une usine numérique la plus fiable possible, notamment pour le CAC 40 et les grandes entreprises. Ces dernières doivent être certaines que cette donnée soit sure, disponible et conçue de manière écoresponsable : le Datacenter va consommer en énergie et en électricité et les entreprises sont à la recherche de la réduction de l’impact énergétique.

En France pour les plus petites entreprises, nous avons des petits modèles de Datacenter dans les régions, avec un accompagnement au quotidien de la digitalisation des usages. Par exemple, dans l’administration, il y a de nombreuses démarches à faire sur internet. De plus en plus, on entre dans la ville intelligente. Pour accompagner les usages numériques des petites et moyennes infrastructures, les Datacenter réduisent les délais de latence de trafic des grandes autoroutes de l’information.

EC : Aujourd’hui, avec toutes les solutions Cloud, les salles informatiques sont-elles en perte de vitesse ?

DG : On n’a que rarement des cas extrêmes tels que : tout dans le cloud ou tout dans l’informatique. Nous sommes assez neutre face à cela, si nous faisons bien notre boulot, on va vendre des infrastructures Datacenter. Après, si l’entreprise a un modèle économique de la saisonnalité et est plus petite, le cloud est mieux car plus flexible. C’est une révolution, qui amène le paiement du juste consommé.

Par exemple, chez Schneider Electric, on a fusionné notre appareil informatique : nous avons encore quelques Datacenter en propre et certains chez nos clients pour gérer les infrastructures globales. Dans le cloud, on a notre CRM. Bref, on a un mixte et chaque mixte à un intérêt économique et répond a un besoin spécifique.

EC : Avec le numérique, comment a évolué la place du DSI ?

DG : Le DSI a un nouveau rôle, tout a évolué. Aujourd’hui il devient central : c’est l’un des seuls à comprendre cette transition et les charges techniques qui y sont liées. Le DSI va être capable de traduire les changements en cahier des charges, et il va faire le lien entre les métiers pour accompagner la digitalisation. Les métiers du digital évoluent, notamment sur le mode collaboratif : les projets les plus réussis sont ceux en amont.

EC : Est-ce abordable à manutentionner ? Quelle est l’importance du SAV dans ce genre de solution ?

DG : Nous proposons des solutions avec des briques modulaires uniquement pour les besoins de l’entreprise. Nous voulons rendre cela flexible.

Dans notre relation client : on est en capacité d’accompagner sur le design et la phase de réalisation (le déploiement, l’installation, la mise en œuvre de l’infrastructure créée pour le client). Nous accompagnons le client sur toute la partie maintenance. Pour qu’un Datacenter soit fiable et durable dans le temps, il faut un entretien matériel, un SAV constructeur des audits, ce que nous proposons.

EC : Votre stratégie pour le futur ?

DG : Globalement, aujourd’hui, on étudie autour du Datacenter et des énergies renouvelables. Un Datacenter écologique est notre leitmotiv. Schneider Electric est une entreprise très axée dans le respect de l’environnement. Nous cherchons à les rendre les plus neutres possibles dans l’écosystème régional. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, c’est un vecteur de la réduction de l’impact carbone. Un Datacenter bien conçu va aider à réduire cet impact sur l’écosystème numérique. Par exemple, comment utiliser la chaleur du Datacenter pour la récupérer ? Comment faire en sorte qu’il devienne un élément actif de la vie intelligente ?

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