Se financer sans les banques : le crowdfunding

Qui n’a jamais rêvé de voir son projet aboutir sans passer par les contraintes des banques pour être financer ? C’est désormais possible grâce aux multiples plateformes de Crowdfunding qui émergent sur internet. Avec un marché qui a doublé de taille en un an le financement participatif a la côte auprès des petites structures. Mais attention il ne suffit pas de demander pour recevoir. Au contraire il faut bien élaborer son plan avant d’espérer avoir un retour dans le but de créer son projet ou de se sortir d’une mauvaise passe.

Entrepreneur in blue business suit is touching the catch word CROWDFUNDING on an interactive control monitor. Metaphor for collaborative finance, internet terminology and payment system concept.

L’idée concrète qui attirent les dirigeants d’entreprises  vers le financement participatif est la liberté qu’ils obtiennent vis-à-vis des banques, « se libérer des chaines » nous confie Yves Alexandre, notre expert dans ce domaine. Grâce à des dons ou à des prêts, certaines start-ups trouvent les moyens de créer leur projets. Mieux, depuis quelques mois maintenant les commerces dits classiques subissant des problèmes de trésorerie n’hésitent plus à se tourner vers ces plateformes numériques pour demander des fonds.

 

Économie collaborative

Désormais le petit boulanger au coin de la rue qui a du mal joindre les deux bouts peut faire appel à ses clients directs pour l’aider. Même si les structures directement liées au numériques sont celles qui arrivent le plus facilement à acquérir des fonds auprès des individus les possibilités se multiplient chaque jour un peu plus. Évidemment il faut plusieurs donateurs, mais le système fonctionne et Crowdfunding signifie par définition « financement par les foules ».

 

La différence avec les banques selon Yves Alexandre de Temenia :

« Il est certain que les banques n’ont rien à voir. Maintenant, vous avez des banques qui font du crowdfunding. Par exemple, la BNP est en train de monter un projet. Mais pour moi, cela reste du faux crowdfunding, puisque les banques prêtent uniquement à des clients qui auraient pu être les leurs en temps normal. Ils lèvent des fonds et prennent cet argent pour le prêter aux entreprises. Le vrai crowdfunding, c’est une personne qui met de l’argent, à travers une plateforme, parce qu’un projet lui plait ».

 

S’affranchir des banques

Remettre l’humain et les projets au centre des priorités. « Aujourd’hui les banques ne répondent plus aux attentes des petites entreprises mais elles peuvent être complémentaires avec le projet une fois qu’il est lancé » nous confie Vincent Ricordeau co-fondateur et CEO de Lendopolis. Généralement, les start-ups passées par une solution de crowdfunding réussie obtiennent les bonnes grâces des banques par la suite. Elles ont prouvées leur sérieux et leur énergie. Elles sont viables.

 

De l’énergie

Car c’est avant tout de cela qu’il est question. Il ne faut pas croire qu’un plan de financement participatif se créer comme l’on créer un profil sur Facebook. Vincent Ricordeau insiste : « Ce n’est pas la nature du projet le plus important, c’est l’énergie que l’on y met et la forme qu’on lui donne. La nature séduit mais sans le reste cela ne fonctionne pas ».

 

Yves Alexandre rajoute « Dès l’instant où vous avez fait du vrai crowdfunding, c’est-à-dire que vous avez trouvé plein de petits investisseurs, vous vous retrouvez avec par exemple, 80 investisseurs. Il faut parler à tous, en même temps, et cela prend du temps. En outre, il ne faut pas arriver comme un non-professionnel, il faut avoir un projet qui est bon et bien ficelé. Le premier contact, c’est le plus important ».

Crowdfunding flat isometric vector concept. Hands give money to man taking a bulb over his head. Investing into idea.

Les premières questions à se poser

Lorsque l’on veut mettre en place une campagne de Crowdfunding il faut savoir quel est le montant précis nécessaire à la réalisation du projet et ce qu’il va permettre de faire (pourquoi et combien ?). Ensuite, il faut se donner un objectif dans le temps pour sa réussite et ainsi faire un retour aux investisseurs si cela fait partie de la forme de financement (prêt). Pour finir, la mise en forme. Faire vendre son projet. Pour cela les plateformes donnent de nombreux conseils pour rendre attractives les start-ups innovantes ou touchantes les structures a besoin plus solidaires.

 

Comment rédige-t-on un bizness plan ?

Yves Alexandre : « Ce n’est pas tant le business plan qu’on achète dans le crowdfunding. Aujourd’hui, les gens qui veulent lever de l’argent dans les TPE/PME parlent en priorité de leurs produits. Il ne faut pas uniquement du produit, il faut expliquer le marché du produit, des clients et de la concurrence. Il faut également expliquer pourquoi le projet est différent des autres. Si vous arrivez à expliquer pourquoi votre produit est meilleur, différent, et à quelle part du marché il s’adresse, vous commencez déjà, à intéresser beaucoup de personnes. Si on arrive à croire en vous, vous avez fait 80% du boulot. »

 

Comment choisir la plateforme adaptée au projet ?

Attention aux plateformes qui se disent crowdfunding alors que ce ne sont que des banques.  La plupart du temps, elles demandent d’avoir trois ans de résultats. Elles vont analyser le passé et dire qu’elles ne sont pas prêtes à investir beaucoup. Ces plateformes sont à éliminer quand vous êtes une petite entreprise, ou avec une technologie qui n’est pas révolutionnaire. Il y a une sélection à faire. Maintenant, il existe des plateformes plus familiales appelées « family office » (familles très riches, qui ont de l’argent à placer). Ces personnes, si le projet est bon, vont placer un petit peu de leur fortune.

 

Sinon voici un florilège de plateformes : kisskissbankbank, Hellomerci, Babyloan, Blue Bees, Spear, Ullule, Arizuka, Bulber, Graines de Start, Prêt de chez moi, entres autres…

 

À noter : Les plateformes peuvent être généralistes, ou spécialisées dans un domaine : sport, culture, production cinématographique, proximité, économie locale, entrepreneuriat féminin, énergie renouvelable ou encore univers du vin… De même il existe des plateformes régionales et nationales. Pour assurer leur propre fonctionnement, elles prennent généralement une commission sur le montant des investissements récoltés.*

 

*source : www.avise.org, Agence d’ingénierie et de services pour entreprendre autrement

 

 

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