Les succès du numérique

Les succès du numérique, lancés par l’association ATN+, ont pour but de mettre en avant des réussites dans le domaine du digital. Ses partenaires proposent un accompagnement à des petites structures afin de les encourager à avoir recours au digital pour développer leur activité. Nous profitons de cette opération pour dresser un bilan général sur la transition numérique des TPE/PME. Nous avons rencontré les responsables de l’association ainsi qu’Aurore Tual, représentante de la Direction Générale des Entreprises.

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ATN+ a décidé de lancer Les Succès du numérique. L’objectif est de permettre aux entrepreneurs de témoigner de leurs expériences réussies grâce à l’accompagnement d’un fournisseur de solutions web. L’idée de cet événement part d’un constat simple : le numérique est irrémédiablement un levier de croissance ! Maxime Duclaux président de l’association développe : « Avec Laurent PONTEGNIER, délégué général d’ATN+ et les membres du bureau, nous sommes convaincus que la reconnaissance de l’efficacité du numérique entre pairs est un levier pour inciter les TPE et PME à innover et se digitaliser. C’est lorsque que l’ensemble des 4 millions d’entreprises françaises auront compris que le digital peut les aider à préserver leur compétitivité et conquérir de nouvelles parts de marché que nous aurons atteint notre objectif ». Mais alors pourquoi encore beaucoup de structures sont-elles encore réticentes ?

 

Des freins encore trop présents malgré les opportunités

En En France, la réticence des TPE qui peut s’expliquer principalement pour deux raisons. La première est liée au temps : un patron ne compte pas ses heures et doit gérer un certain nombre de dossiers et de tâches administratives qui l’empêchent de travailler à sur sa stratégie digitale. « Par manque de temps, il fait donc parfois le choix de laisser de côté sa transition numérique et de la reporter à plus tard pour s’occuper des tâches jugées prioritaires. Pourtant c’est une erreur, il est bien prouvé que les entreprises les plus matures ont une croissance six fois* plus élevée que les autres » déclare Maxime Duclaux. La seconde raison vient directement de la méconnaissance du numérique et de ses opportunités business. On constate ainsi un vrai retard français principalement pour des questions de formation dès le niveau universitaire. « Une couche minimale de formation devrait être intégrée dans toutes les formations au même titre que la pratique des langues étrangères. Les patrons et les salariés des entreprises mesureraient alors très vite le retour sur investissement possible grâce une stratégie digitale efficace » conclut le président d’ATN+ ».

Maxime Duclaux solocal

Un double discours sur la maturité des entreprises

Il faut prendre garde à l’effet d’annonce : bon nombre de fournisseurs de solution parlent volontiers de ‘’véritable maturité digitale’’ concernant un certain nombre d’entreprise. Pour autant, la réalité semble tout autre comme le dénonce précise Maxime Duclaux, responsable des relations institutionnelles du groupe Solocal : « Il faut se rendre sur le terrain pour constater qu’il y a un vrai retard. Les chiffres sont corroborés par les retours d’expérience en local qu’une entreprise comme la nôtre qui peut collecter des avis auprès de ses 1900 conseillers en communication digitale qui accompagnent au quotidien 530 000 clients. Mais on note un intérêt croissant pour le numérique de la part des acteurs de l’économie réelle notamment des ETI et PME qui disposent davantage de ressources à consacrer au numérique. Le dernier baromètre de l’ACSEL « Croissance & Digital » publié en septembre a ainsi montré que 85% de ces entreprises ont déjà amorcé leur transformation digitale ». La transition s’accélère mais le rôle de l’état dans tout cela ?

 

Responsabilité étatique

La France a mis du temps à parler ouvertement de numérique. Nous en payons aujourd’hui les frais Le système D ’’, à la française’’, ayant tendance à s’imposer comme la règle en matière de gestion. C’est vrai pour la sécurité, l’implantation de solution NTIC comme de la législation. Comment peut-on rattraper ce temps perdu ? Le Conseil National du Numérique (CNNum) a été saisi en mars 2016 par le gouvernement sur la question de la transformation digitale des PME. Ces travaux basés, notamment, sur la rencontre de 200 PME sous un parangonnage de 14 pays ont mené à de nouvelles actions. Aurore Tual, adjointe à la Cheffe de la direction générale des entreprises nous en dit plus : « Des groupes de travail ont été constitués sur cinq axes : la mise en place d’un réseau d’ambassadeurs du numérique, la création d’une plateforme de ressources à destination de ces entreprises, le financement de la transition numérique, la mutualisation de compétences numériques entre plusieurs PME et la e-internationalisation ». L’opération d’ATN+, dont nous faisons échos, est dans la droite ligne de cette initiative.

 

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6 outils dont dispose la France pour aider les entreprises

La DGE, notamment via le réseau régional des DIRECCTE**, s’implique massivement sur les sujets de numérisation de notre économie et de développement des usages. Elle contribue d’ores et déjà à plusieurs actions destinées à faciliter la transformation des entreprises françaises, et notamment des PME. Pour ne citer que quelques exemples :

 

1/ le programme Transition Numérique qui s’appuie sur un réseau national pour accompagner les TPE et PME dans l’appropriation des nouveaux outils numériques (en 2016, celui-ci compte près de 800 conseillers eux-mêmes issus de différents réseaux : CCI, CMA, offices de tourisme, etc.)

 

2/ les prêts numériques : 300 M€ de prêts bonifiés ont ainsi été proposés pour soutenir les PME et ETI engagées dans un projet d’intégration de nouveaux outils numériques.  À noter également les prêts robotiques distribués par BPIfrance.

 

3/  le programme Industrie du Futur qui vise à moderniser l’outil productif industriel et à développer les processus de production de demain, notamment via les outils numériques.

 

4/ le programme CAP’TRONIC, porté par l’association Jessica, qui a pour objectif la diffusion des technologies de la micro-nanoélectronique et du logiciel embarqué dans les produits des PME de tous les secteurs industriels.

 

5/ le programme TIC&PME qui vise à mettre en place des systèmes d’échanges de données entre entreprises au sein d’une filière industrielle ou de services.

 

6/ Des appels à projet ou appels à manifestation d’intérêt, lancés dans le cadre du programme des investissements d’avenir, comme les challenges ou le concours d’innovation numérique dont l’objectif est de faire émerger des innovations de rupture grâce au digital sur un ensemble de secteurs ciblés : tourisme, ville, loisir, bien-être, éducation etc.

 

Une transition variable entre les TPE et les PME

L’INSEE souligne qu’en 2015, 67 % des sociétés implantées en France de 10 personnes ou plus disposent d’un site web ou d’une page d’accueil, soit 8 points de moins que la moyenne européenne. En revanche, parmi les sociétés de 50 personnes ou plus, neuf sur dix en disposent, « Ce constat montre l’importance d’une démarche proactive de sensibilisation et d’accompagnement des PME/TPE dans la transition numérique » souligne Aurore Tual.

 

Tout repose sur la confiance

Des structures françaises longuement installées dans l’écosystème du numérique ont acquis une réelle avance stratégique. C’est un exemple à suivre pour les petites structures. De son côté, l’État assure le rôle de régulateur afin de s’assurer que confiance et transparence sur Internet soient préservées. Maxime Duclaux d’ATN+ poursuit : « C’est ce qui a guidé l’initiative du gouvernement lors de l’élaboration de la Loi pour une République numérique. Parallèlement, je pense que l’État a vocation à inciter les entreprises à enclencher leur mutation numérique. Il est d’ailleurs particulièrement actif en termes de communication sur la santé publique. Il pourrait tout autant l’être sur le numérique. C’est un enjeu vital pour le développement de nos entreprises françaises ! » Conclue t’il.

 

* Du rattrapage à la transformation. L’aventure numérique, une chance pour la France, Roland Berger – Cap Digital, septembre 2014

 

3 questions à…..

COVATEAM

Hydrokarst est une structure spécialisée dans les travaux publics à grosse envergure. Elle voulait améliorer l’efficacité de ses usages numériques sur l’ensemble de son système d’information. Son objectif était de rendre son ERP plus cohérent avec davantage d’agilité. Elle a retenue pour l’accompagner dans cette évolution la société Covateam. Dans le cadre de l’opération ‘’les succès du numérique’’, Philippe Dujardin, expert informatique de Covateam répond à nos questions.

 

L’Entreprise Connectée : Dans le domaine de la transition digitale, quels sont les conseils les plus demandés ?

Philippe Dujardin : Les entreprises nous contactent, en premier, pour des les besoins liés aux outils informatiques, comme : la mise en place d’un CRM, d’un ERP, d’un site WEB, changement d’équipements ou d’un serveur vieillissant… Mais ces demandes ponctuelles cachent très souvent des expressions de besoins mal définies. Et dès que l’on creuse un peu, ce sont très vite des problèmes d’organisations ou de collaborations qui remontent. D’abord en interne, « comment travailler plus efficacement » puis tourné vers l’externe, « comment mieux collaborer avec mes clients, mes partenaires et mes fournisseurs ». Cette approche méthodologique permet de donner plus de pertinence au projet initial et donc de chances de réussites.

 

L’Entreprise Connectée : Ressentez-vous une maturité des entreprises dans ce domaine ?

Philippe Dujardin : Je ressens surtout une peur de l’inconnu. Des mots comme DIGITAL ou CLOUD sont aujourd’hui des expressions qui n’évoquent souvent rien de concret à des dirigeants qui opèrent dans des activités traditionnelles. Ils ne comprennent pas forcément le potentiel du numérique : « Comment est-ce que concrètement cela va m’aider au quotidien dans mon entreprise ? Pour quel retour sur investissement ? » .Ils sont déstabilisés par un jargon trop souvent technique et se méfient, du coup, des fournisseurs qui voudrait leur proposer monts et merveilles.

 

L’Entreprise Connectée : Alors ?

Alors, il convient donc d’abord de démystifier le vocabulaire et de montrer à travers des exemples simples et concrets les avantages à adopter avec un environnement plus numériques.

 

L’Entreprise Connectée : Comment fait’ on adopter des nouveaux usages à ces dirigeants de l’économie traditionnelle ?

Philippe Dujardin : On peut considérer qu’il y a 3 types de décideurs : Ceux qui sont très moteurs et persuadés que l’adoption de nouvelles pratiques numériques est un moyen d’être plus compétitif dans leur activité. Avec ces dirigeants, les discussions sont pointues et créatives car ils en veulent toujours plus. Ensuite il y a ceux qui « suivent » le mouvement. En général, le déclenchement à lieu lors d’un pépin ou d’une nécessité : un fournisseur qui les lâche, un outil interne en obsolescence, un dysfonctionnement, un changement de règlementation… C’est à ce moment qu’ils sont à l’écoute et que l’on peut les aider à construire de nouvelles solutions numériques et innovantes pour leur activité. Enfin, il y a les Hyper-Septiques, ceux qui ne changent pas leurs habitudes. Il est inutile de chercher à les convaincre, c’est peine perdue. Il faut attendre un événement majeur interne pour commencer à leur expliquer comment le numérique peut les aider.

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