L’usage du Cloud Hybride

L’usage du Cloud et surtout du mode Hybride est en plein développement dans l’hexagone. Une PME sur quatre utilise déjà cette approche de la technologie et dès 2018 un tiers gèreront plus de 50% de leurs tâches informatiques  dans cet environnement. Les solutions de stockages, les outils de collaboration et les échanges en temps réels restent parmi les services les plus exploités. Mais les possibilités se révèlent infinies : exploitation des datas voire des Big data à distance, gestions des applications de l’entreprise en mobilité… Ces services externalisés simplifient considérablement le fonctionnement numérique d’une entreprise. Cependant il reste encore bien des freins surtout dans les organisations de tailles plus modestes, le principal étant lié aux questions de sécurité. Dans ce dossier nous allons examiner les atouts d’une transition numérique qui fait appel au cloud hybride et tenter de rassurer les plus perplexes.

Avant tout, une définition du Cloud Hybride

Le Cloud Computing concerne au départ le stockage de données à distance dans des Datacenters. Les utilisateurs, particuliers ou entreprises, accèdent ensuite à ces données, ou plus globalement à des services informatiques, au travers d’Internet et parfois de façon transparente et sans le savoir. Les technologies mises en œuvre à distance existent cependant depuis longtemps et la révolution concerne surtout les usages et les modes de facturation.

Il existe de nombreux prestataires qui proposent des offres de Cloud public comme Amazon, Google, IBM ou OVH en France ; les infrastructures sont alors partagées. A l’opposé, une plateforme de Cloud privé se compose de serveurs physiques ou virtuels mais dédiés à une seule entreprise. Ils peuvent être physiquement localisés à l’intérieur de la société dans une salle informatique interne ou hébergés dans un Datacenter et géré à distance. Dans un dispositif de Cloud Hybride, les entreprises utilisent simultanément les deux options en fonction d’une stratégie et des besoins. Côté Cloud Public, agilité, flexibilité et coûts réduits et pour le Cloud privé, un meilleur contrôle des données sensibles ; l’objectif d’un Cloud hybride étant de profiter du meilleur des deux mondes.

 

Un usage en plein expansionSelon une étude PAC parue en 2016, une entreprise sur quatre a mis en place une informatique hybride en France. « Cette étude montre à quel point il est indispensable de mettre en place des stratégies de gestion de l’information solides et diversifiées, permettant aux décideurs d’appréhender la complexité de ce nouvel environnement IT, indique Laurent Martini, Country Manager France, Veritas Technologies. Il est encourageant de voir que les entreprises sont aujourd’hui moins réticentes à déplacer des données de tous types – y compris des informations critiques – au sein d’un Cloud hybride. Mais ceci a pour conséquence d’augmenter la pression des fournisseurs de services qui doivent assurer une haute disponibilité des données et éviter les temps d’arrêt. Le caractère hétérogène du Cloud hybride nécessite d’adopter une approche beaucoup plus sophistiquée en matière de gestion de l’information, sur site comme dans le nuage. »

 

Une adoption progressive

Les outils de messageries naturellement tournés vers l’extérieur sont souvent les premiers migrés vers le Cloud. Ensuite, selon les compétences etles demandes internes mais aussi de l’écosystème de clients, les entreprises avancent chacune à leur rythme. Souvent, les outils de Bureautique, moins stratégiques que les applications métiers migrent dans la foulée. Enfin les développements internes ou spécialisés s’inscrivent dans une logique de Cloud privé. Il est important et évident de remarquer que pour des données confidentielles, il reste encore préférable de ne pas les délocaliser dans le Cloud, voire de ne pas les rendre accessibles via Internet.

 

« Cette adoption montre tout l’intérêt qu’ont les développeurs à s’emparer de l’infrastructure on-demand pour piocher de la ressource automatiquement et suivre le boom des applications Web et mobile »  développe Vincent Maury, CTO chez DenyAll.

 

Financièrement intéressantIl est important pour les entreprises de comprendre les implications d’un paiement à l’usage ou par abonnement en lieu et place d’achats des infrastructures informatiques. Il s’agit de charges et non d’investissements et ce n’est pas le même côté du bilan qui est impacté. De plus, avec un abonnement, dès la première seconde, les outils sont opérationnels souvent sans autre dépenses d’investissements.

 

Les tarifs à l’usage permettent alors de répondre aux besoins dynamiques de l’entreprise. Cinq nouveaux utilisateurs et il suffit de les inscrire, souvent en quelques minutes, pour qu’ils soient opérationnels. Le départ de 2 personnes et c’est tout aussi simple dans l’autre sens de se désabonner avec une facturation qui s’adapte au fil des usages.

 

Par ailleurs, le Cloud externalisé (quelque-soit sa forme, public, privé…) propose un catalogue de logiciels et services actualisés en continu et prêts à l’usage. Julien Mirenayat, responsable marketing Cloud chez SFR Business déclare : « Cette richesse et réactivité est moins évidente à retrouver au sein de l’informatique interne qui ne peut avoir un catalogue aussi exhaustif. »

 

Il faut également souligner que Cloud public ne signifie pas nécessairement Cloud gratuit. En prenant l’exemple de la messagerie proposée par Google et bien connue sous le nom de gmail, l’utilisation standard est gratuite pour l’utilisateur mais à partir d’un certain volume de mails stockés, le service devient payant.

 

Expliquer pour faire adopter

La multiplicité des informatiques et des clouds à gérer représentent le premier frein à l’adoption du Cloud HybrideAvant d’évoquer les technologies, il importe de comprendre et d’adopter de nouveaux usages et cela commence par le haut de la pyramide qu’il faut convaincre ; les baisses drastiques de coûts et le transfert des problèmes purement informatiques vers des spécialistes externalisés sont alors des atouts efficaces.. La formation, l’éducation restent des maitres mots pour démontrer les bénéfices d’usages. L’adoption du Cloud passe en effet obligatoirement par l’adhésion des acteurs de l’entreprise.

 

Laurent Garcia Cloud Director EMEA chez Veeam précise « En termes de bénéfices et du point de vue de protection des données dans un monde de plus en plus digital, il existe des bonnes pratiques à mettre en place en matière de protection des données, dans le cadre de l’adoption d’un plan massif sur des données digitales. Il s’agit notamment de la règle dite du 3.2.1, qui devrait être appliquée dans toutes les entreprises : 3 copies des données, sur 2 médias ou supports différents (par exemple coupler des librairies de banque à un stockage sur disque dur classique), et la conversion d’1 copie de la sauvegarde hors site/externalisée ».

 

D’un autre côté, Jean-Baptiste Baraban, responsable d’exploitation chez Telehouse conclut : «. Il est nécessaire pour nous, d’avoir un travail de conseil, d’accompagnement voire de vulgarisation pour permettre aux entreprises de mieux appréhender la transformation de leur informatique ».

 

Le Directeur des services informatique (DSI), pierre angulaire du Cloud

Bien évidement toute la stratégie informatique passe par la DSI et tous les DSI ont déjà engagé au moins une réflexion ou une migration partielle ou totale vers le Cloud et la nouvelle approche des outils et des API. Dans le cas des PME-TPE qui ne disposent pas d’un service interne et qui s’appuie sur des prestataires, ce n’est pas la délocalisation des infrastructures informatiques et des problèmes purement techniques qui supprime ces aides. Bien au contraire, le Cloud permet aux PME d’accéder directement et facilement à des outils informatiques avec des niveaux de qualité et de fiabilité similaires à ceux des grandes structures.  Julien Mirenayat, responsable marketing Cloud chez SFR Business développe : « Le Cloud permet aujourd’hui à tous de construire un PRA (Plan de Reprise d’Activité) comme une assurance, sans les freins opérationnels et financiers auxquels il a toujours été confronté ».

 

Gérer l’adoption

L’intégration à l’informatique historique existante présente parfois un frein majeur. En effet, certaines entreprises ayant des processus de productions/industriels et/ou une gestion opérationnelle courte ne peuvent pas se permettre de suspendre leur activité. De plus, une bonne transition numérique doit se faire étape par étape. Le cloud ne peut et ne doit pas être vécu comme un Big bang informatique. C’est parfois ce qui a ralenti son adoption par le passé avec des Cloud provider ou infogéreurs dont le message était binaire de tout-chez-vous à tout-chez-nous. Le constat est que l’adoption technologique se fait naturellement voire avant toute réflexion avancée dès lors que le bénéfice d’usage est clairement identifié, « avec en tête : Rapidité, Innovation et  Productivité. Et ces 3 critères sont complètement en phase avec la notion d’arrêt minimum de l’activité » poursuit Julien Mirenayat.

 

Préparer le futur

L’énorme majorité des cas clients sur le Cloud touche des nouveaux projets : applications mobiles, objets connectés, sites web, développements autonomes ou purement métier et liées à un projet. Elles puisent souvent des données dans les systèmes historiques des entreprises. En effet, il reste exceptionnel qu’une entreprise migre entièrement et d’un seul coup vers le Cloud. « Quand une entité décide de migrer une application vers le Cloud, c’est souvent parce qu’elle est vétuste et hors d’âge. Quitte à refondre, autant se baser sur une architecture informatique moderne. » précise Vincent Maury CTO chez DenyAll.

 

Une approche différente et recentrée sur les besoins

Le cloud Hybride est un outil, parmi d’autres, dans la transition numérique des entreprises. Jean-Baptiste Barabin, Telehouse, déclare que « cela nécessite tout de même de la part des clients une approche différente de la gestion de leur développement avec des plateformes hybrides qui vont généralement être très flexibles avec paiement à l’usage quand la production elle, sera placée sur des plateformes dont le client maitrise la localisation de ses données, la sécurité des accès ainsi que la protection de celles-ci. C’est dans ce type d’usage que le Cloud hybride trouve parfaitement son usage actuellement ».

La mobilité en figure de proue

Une majorité (55%) des décideurs comptent recourir au Cloud Computing pour leurs projets de messageries, suivi par les systèmes de communications et de conférences web/vidéo, puis RSE, planning/agendas. Les usages sont maintenant collaboratifs et les échanges en temps réels, souvent en mobilité et à partir de plusieurs écrans. Smartphones, tablettes, phablettes, micro-ordinateurs portables, ultra-portables, postes informatiques ou téléphoniques de bureau, les utilisateurs souhaitent aujourd’hui retrouver toutes les applications et toutes leurs données, peu importe le lieu et le terminal d’accès. C’est l’un des avantages primordial des outils hébergés dans le Cloud.

 

Antoine Jacquier, co-fondateur de Nuageo note que « La mobilité est le socle de la nouvelle façon de travailler qui s’amorce. Aujourd’hui, le premier écran utilisé par les utilisateurs devient le Smartphone : sans mobilité, pas d’utilisation. Donc, le Cloud est la brique indispensable à toutes les applications de demain. Il permet également à toutes ces entreprises d’accéder aux nouveaux services qu’elles ne peuvent pas s’offrir : toute l’économie française n’est pas dans le CAC40… »

 

… panacée ou miroir aux alouettes ?

Pour utiliser le Cloud, il faut un accès à Internet robuste, fiable et avec un débit réel élevé. Il s’agit en effet du maillon préalable de la chaine et avant de penser à migrer des applications ou des services vers le Cloud, il faut vérifier et valider la qualité des liens assurant la liaison au réseau. La garantie de temps de rétablissement (GTR), délai contractuel dans lequel le service interrompu doit être rétabli à ne pas confondre avec la GTI (Garantie de Temps d’Intervention) deviennent des critères primordiaux.

 

La délégation des infrastructures informatiques dans le Cloud ne concerne que les aspects techniques et les entreprises doivent toujours définir leurs stratégies spécifiques, leurs modes d’utilisation, de sauvegardes, de gestion de la sécurité, …

 

 

 

*Source Inreoute.fr

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